
Communiqué de presse - 20 septembre 2026
Le 9 février 2021, le Centre scolaire Saint-Pierre de Calais m’a définitivement exclu. J’avais treize ans. Le courrier adressé à mes parents ne se contentait pas d’annoncer mon départ : il m’attribuait des faits informatiques particulièrement graves, présentés comme certains.
Cinq ans plus tard, je demande toujours à voir sur quels documents cette certitude reposait. Mes démarches n’ont pas permis d’obtenir l’ensemble des pièces relatives à la procédure disciplinaire ni les éléments techniques contemporains qui permettraient de vérifier les affirmations du courrier d’exclusion.
Une différence précise exige des explications. Dans un procès-verbal établi le 9 février 2021, le signataire du courrier évoque une demande de mots de passe administrateur et les effets qu’aurait eus leur obtention. Dans le courrier d’exclusion daté du même jour, il est affirmé que des codes d’accès m’ont été remis, puis que je les ai utilisés. Ces formulations ne disent pas la même chose. Leur chronologie, la nature des accès évoqués et les informations dont disposait l’établissement doivent être établies — et non recouvertes par l’autorité d’un courrier.
Je vais donc très prochainement faire assigner l’Association de gestion de l’Institution Saint-Pierre Calais devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer. Sur le fondement de l’article 145 du code de procédure civile, je demanderai la production ciblée des documents existants relatifs à mon exclusion, ainsi que des auditions limitées à ce que les personnes concernées ont personnellement su et fait. Une évaluation médicale indépendante des conséquences psychiques que j’allègue sera également sollicitée, sans présumer leur cause.
Je ne demande pas que l’on condamne Saint-Pierre dans la presse. Je demande que Saint-Pierre réponde par des pièces. Si la procédure disciplinaire a été suivie, que ses traces soient produites. Si les affirmations du courrier reposaient sur des vérifications, que ces vérifications puissent être examinées contradictoirement. Et si certaines pièces n’existent pas, que cela soit dit clairement.
L’association aura toute latitude pour présenter sa version devant le juge. Pour ma part, je refuse qu’une exclusion prononcée contre un enfant et accompagnée d’imputations aussi lourdes échappe à cette question simple : qu’est-ce qui était effectivement établi le jour où la décision a été prise ?
À l’issue d’une audience de douze heures le 4 mai dernier, devant le tribunal de Boulogne-sur-Mer, la juridiction, après en avoir délibéré, a prononcé ma relaxe s’agissant des faits de piratage informatique prétendument commis au préjudice du centre scolaire Saint-Pierre de Calais, du collège République de Calais et du lycée Pierre-de-Coubertin de Calais.
Le tribunal a, de la même manière, prononcé ma relaxe du chef de menaces à caractère terroriste, reprochées en lien avec ces mêmes établissements, ainsi qu’avec d’autres établissements scolaires du Calaisis.
J’ai, en parallèle, été confronté au défaut manifeste de professionnalisme de certaines institutions scolaires et j’ai subi des violences psychologiques volontaires aggravées. Une plainte a été déposée.
Je n’entends pas laisser impunies les personnes responsables des atteintes portées à mon intégrité psychologique et physique, ni des conséquences graves qui en ont découlé.
Je communiquerai prochainement la date et le lieu de l'audience.
JOLY Oliver
Une présomption d'innocence de plus en plus fragilisée
Ces dernières années, les institutions ont préférer sacrifier la vie d'un jeune adolescent qui était alors en construction en le désignant comme coupable avant tout jugement pénal.
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